Le texte présente l'analyse d'Amnesty International sur le décret n° 18 des talibans, publié le 14 mai 2026 en Afghanistan, qui institutionnalise le mariage des enfants et aggrave la privation des droits des femmes.
Principaux points du décret n° 18:
Réaction d'Amnesty International
Droits des femmes et des filles
Violences et exécutions publiques
Crise humanitaire
Liberté des médias : Les talibans ont ajouté de nouvelles règles qui réduisent la liberté de la presse et ferment les médias dirigés par des femmes.
L'opération « Libérer le savoir ! » est une campagne de solidarité relancée par la CFDT, aux côtés de Solidarité Laïque et de l'association Negar, pour soutenir l'éducation des filles et des femmes en Afghanistan face à l'interdiction scolaire imposée par les talibans.
Extrait de l'hebdo n°3958. Par Anne-Sophie Balle — Publié le 25/03/2025 à 14h0
On a coutume de dire que l’Histoire ne se répète pas. Elle aurait pourtant tendance à bégayer dans certains pays du monde, notamment en Afghanistan. En 1998, alors que les talibans, au pouvoir depuis 1996, avaient fermé les écoles, des fédérations syndicales de l’éducation comme le Sgen CFDT (devenu CFDT Éducation Formation Recherche publiques) et le FSU-SNUipp lançaient, avec Solidarité Laïque et Negar1, l’opération « Libérer le savoir », visant à soutenir et à organiser des écoles clandestines de filles en Afghanistan.
« Enseignants et associations envoyaient du matériel mais aussi des fonds pour payer les taxis qui conduisaient secrètement les filles à l’école », se souvient Shoukria Haidar, la présidente de Negar. Bravant la chape de plomb qui s’abattait sur elle, toute une génération avait ainsi continué à pouvoir s’instruire et apprendre des métiers qu’elles ont exercé jusqu’au retour des talibans, deux décennies plus tard.
Le 15 août 2021, la nuit est de nouveau tombée sur les femmes afghanes. « Les talibans se sont radicalisés davantage, leur police de la prévention du vice et de la promotion de la vertu, la hisbah, s’arrogeant tous les droits, avec comme moteur premier la haine des femmes et comme objectif leur disparition de l’espace public », poursuit Shoukria.
Être horrifiés par une telle situation ne suffit pas !
« On les disait moins rétrogrades en 2021. En réalité, ils sont pires, confirmait Béatrice Lestic, secrétaire nationale CFDT chargée de l’international, lors de la soirée de lancement de l’opération « Libérer le savoir », le 21 mars dernier à Paris. Mais il ne suffit pas d’être horrifiés et de poster des messages sur les réseaux. La vraie question, c’est qu’est-ce que l’on peut faire d’utile pour résister et éviter que cette tyrannie […] donne une espèce d’autorisation à d’autres démocraties d’aller toujours un peu plus loin dans la répression de la liberté des femmes. »
Convaincue que la société civile et les ONG sont les plus à même d’agir aux côtés de la diaspora afghane – avec l’idée d’utiliser des réseaux qui ne détourneront pas les fonds envoyés –, la CFDT s’inscrit pleinement dans la relance de cette opération, qui doit marquer « le début de la reconquête du droit au savoir, du droit à l’éducation, des droits des femmes et du droit de vivre ».
Comme elle l’a fait avec l’exfiltration et la mise à l’abri de syndicalistes afghans, la CFDT en appelle aux valeurs cardinales de son organisation (solidarité, émancipation, démocratie) en vue de « combattre l’apartheid de genre qui sévit actuellement en Afghanistan. Un apartheid qui, en plus de la violence qu’il impose au présent, compromet l’avenir des filles et plus globalement de la société afghane ». Afin que cette campagne puisse traverser les frontières, la CFDT la relayera auprès du mouvement syndical européen. « L’éducation reste un formidable outil au service des droits humains… et ces droits devront toujours passer avant les intérêts politiques et financiers », concluait, pour sa part, Solidarité Laïque.
Menacée par les talibans en raison de son engagement pour le droit des femmes, la mère de Rabia, Habiba Fakhri, syndicaliste, a été exfiltrée d’Afghanistan un mois et demi après leur retour au pouvoir, en 2021. Avec l’aide de syndicats français, elle poursuit son combat depuis Angers (Maine-et-Loire).